Dimanche 21 février 2010
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11:58
Bonjour les amis.
J'étais à Gourette (Pyrénées Atlantiques) cette semaine pour skier.
J'ai pris la photo suivante à l'entrée de la station.
En ce qui concerne Napoléon, on peut émettre quelques doutes.
Par contre, quelques générations d'adoléscents ont dû lui faire honneur.
Voici un nouvel extrait de mon roman.
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Tu te souviens que je t’ai parlé de mon beau père et des violences qu’il
m’avait imposées. Je t’ai également expliqué comment j’ai quitté ma famille et pourquoi j’ai vécu seule.
Je n’avais jamais revu mon tortionnaire. Jusqu’au matin où, voici une dizaine d’années, il est réapparu dans mon
existence.
Il
avait fini par retrouver ma trace en effectuant des recherches dans son milieu notarié et il était monté directement à La Garenne avec sa voiture, une Citroën
DS.
Ma surprise n’eut d’égale que ma colère et je lui intimai l’ordre de partir sur le champ.
Il s’est fait tout mielleux, me présentant de plates excuses, implorant mon pardon. Il disait que j’étais malgré ses erreurs, la fille qui lui manquait,
qu’il avait perdue en même temps que son épouse. Il disait aussi qu’il voulait établir une succession en ma faveur, en souvenir de ma pauvre mère, morte voici vingt cinq ans et qu’il avait tant
aimée.
Je me refusai à l’écouter, mais tandis que je m’affairais à remettre du bois dans la cuisinière, il me ceintura et chercha à
m’embrasser.
Je ne sais d’où me vint l’énergie qui me permit, dans un même élan, de me retourner, de me libérer et de lui porter un violent coup de tisonnier sur le
crane.
Je revois ses yeux, exorbité, dilatés, surpris, interrogateurs.
Puis il s’est affalé doucement et je suis restée immobile, cette barre de fer pendant au bout de mon bras.
Je compris tout de suite qu’il était mort.
Je pris son pouls, mais c’était inutile et déjà je pensai aux suites à donner.
Je me sentais anormalement calme. Je suis allé creuser un grand trou proche du poulailler, sous le tas de fumier.
Ensuite j’ai écrit une lettre pour expliquer mon geste. Je l’ai mise dans une enveloppe et dans un sac en plastique que j’ai glissé dans une de ses
poches.
Lui, je l’ai roulé dans un drap. Le plus dur a été de le traîner jusqu’au trou. Je l’ai recouvert d’une plaque de tôle ondulée qui se trouvait là, puis
j’ai refermé le trou et j’ai reconstitué le tas de fumier.
J’ai effacé toutes les traces de ma triste besogne, je me suis lavée et relavée.
Restait le problème de la voiture. Je n’avais pas conduit depuis ma mise à la retraite, mais je n’ai pas
hésité.
J’ai serré mes cheveux dans un béret, vestige des chasseurs, j’ai mis des lunettes de soleil, des gants et, tant bien que mal, j’ai ramené la
voiture à Foix. Je l’ai garée dans le quartier du château.
J’ai mis le béret et les gants dans mon sac et j’ai pris le car qui remontait à Viellességure.
J’ai eu beaucoup de chance que personne n’ait remarqué la voiture, à l’aller, comme au retour.
Mon beau-père n’avait pas de descendance directe, mais une sœur et deux neveux. Sa disparition a été signalée, on a retrouvé la voiture et une enquête a
eu lieu dans la région. Les gendarmes sont même venus me questionner, mais j’ai dit que je ne l’avais jamais revu depuis mon départ de la maison familiale.
La veille de sa disparition, on l’avait aperçu en ville, à Foix et une prostituée a même reconnu la photo de ce
client.
On en a conclu à une affaire louche, suivie d’un règlement de comptes, car il était habitué à fréquenter ce milieu.
Le corps n’étant pas retrouvé, l’affaire fut classée.
Voilà toute l’histoire. Tu peux donner cette lettre à la gendarmerie ou la garder cachée, mais surtout ne la détruit pas au cas ou l’on retrouverait le
corps.
J’espère que malgré cela tu vas t’installer à La Garenne et que tu y vivras heureux.
Mais souviens toi : sois prudent.
Fait à La Garenne le 5 juillet 1998
Margueritte Mirail.
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